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Accéder au sitePublié le 08/06/2026
La Seine-et-Marne est un territoire où les activités agricoles, industrielles et énergétiques occupent une place importante. La méthanisation y est aujourd'hui une réalité et les débats relatifs à son développement concernent directement l'ensemble des acteurs du territoire.
La Fédération de Seine-et-Marne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique n'a pas vocation à se prononcer sur les choix énergétiques, économiques ou agricoles du territoire. Sa mission est de veiller à la préservation des écosystèmes aquatiques, de la biodiversité et des usages qui en dépendent.
Les pollutions observées ces dernières années sur plusieurs cours d'eau du département ont profondément marqué les pêcheurs. Au-delà des mortalités piscicoles constatées, elles ont parfois entraîné des dégradations durables des écosystèmes aquatiques et remis en cause plusieurs années d'efforts consacrés à leur restauration.
Dans plusieurs cas, ces pollutions étaient liées à des rejets de digestat, une matière organique issue du processus de méthanisation. Lorsqu'il atteint un cours d'eau, ce type de pollution provoque une consommation rapide de l'oxygène dissous indispensable à la vie aquatique. Les poissons, les invertébrés et de nombreux autres organismes aquatiques peuvent alors être asphyxiés en quelques heures seulement.
Contrairement à d'autres formes de pollution, les pollutions organiques offrent peu de possibilités d'intervention réellement efficaces une fois le produit déversé dans le milieu naturel. Malgré la mobilisation des services compétents, les marges de manœuvre demeurent souvent limitées pour enrayer le phénomène. Dans ce contexte, la prévention, la sécurisation et la surveillance des installations, ainsi que la détection précoce des incidents, demeurent les moyens les plus efficaces pour assurer une protection durable des milieux aquatiques.
Les pêcheurs savent qu'une rivière peut mettre de nombreuses années à retrouver son équilibre après un accident. Ils savent également que, malgré l'engagement des services de l'État, des collectivités, des exploitants et des associations, les conséquences écologiques demeurent souvent visibles bien après la fin des procédures administratives ou judiciaires.
La meilleure réparation reste celle que l'on n'a jamais besoin de mettre en œuvre.
La Fédération poursuivra donc son action auprès de l'ensemble des acteurs concernés afin que les enseignements des accidents passés soient pleinement pris en compte et que la prévention demeure une priorité absolue.
À travers les 39 AAPPMA de Seine-et-Marne, leurs 15 000 adhérents et les près de 50 000 pêcheurs franciliens qu'elle représente également au niveau régional, la Fédération continuera à porter une parole constructive mais exigeante.
Cette mobilisation repose avant tout sur l'engagement de milliers de bénévoles qui consacrent chaque année un temps considérable à la surveillance des cours d'eau, à la protection des milieux aquatiques, à l'entretien des berges, aux opérations de nettoyage, au suivi des populations piscicoles et aux actions de sensibilisation du public.
Souvent premiers témoins des atteintes aux cours d'eau, les pêcheurs constituent également un réseau de sentinelles particulièrement précieux pour la surveillance des milieux aquatiques. Leur présence régulière sur le terrain contribue à la détection précoce de nombreuses pollutions et altérations du milieu.
Les pêcheurs participent également directement au financement de ces actions à travers leurs cotisations, la redevance pour la protection du milieu aquatique et les investissements réalisés par les AAPPMA et la Fédération en faveur des cours d'eau. Au-delà de leur pratique, ils assument également des responsabilités de gestion sur de nombreux parcours de pêche, notamment dans le cadre des baux consentis par l'État sur le domaine public fluvial.
Lorsque des pollutions surviennent, ce sont souvent ces mêmes bénévoles et ces mêmes pêcheurs qui sont mobilisés en première ligne pour signaler les atteintes aux cours d'eau, participer aux constats de terrain, procéder au ramassage des poissons morts, accompagner les opérations de suivi environnemental et contribuer, lorsque cela est nécessaire, aux actions de restauration des milieux et de repeuplement piscicole.
Les pêcheurs sont pleinement conscients qu'aucune activité humaine n'est totalement à l'abri d'un incident. Ils savent également que le risque zéro n'existe pas.
En revanche, ils attendent légitimement que tous les enseignements soient tirés des accidents passés et que tout soit mis en œuvre pour prévenir leur renouvellement. Les milliers de bénévoles qui surveillent les cours d'eau, les entretiennent, les restaurent et participent à leur gestion ne pourraient comprendre que les efforts engagés depuis des années pour améliorer l'état des milieux aquatiques soient régulièrement remis en cause par des pollutions évitables.
La protection des cours d'eau ne constitue pas un enjeu secondaire. Elle relève d'une responsabilité collective qui concerne l'ensemble des acteurs du territoire.
La participation de la Fédération aux échanges institutionnels
Afin de porter les préoccupations exprimées par les pêcheurs et de contribuer aux réflexions engagées sur le territoire, la Fédération a participé aux travaux du comité de pilotage CapMétha77 du 5 juin 2026, à l'invitation du Président du Conseil départemental de Seine-et-Marne.
Cette rencontre a réuni de nombreux acteurs concernés par les enjeux liés à la méthanisation et aux milieux aquatiques, parmi lesquels le Conseil départemental de Seine-et-Marne représenté notamment par Mme Béatrice Rucheton, vice-présidente déléguée à l'environnement, la Région Île-de-France représentée par Mme Valérie Lacroute, vice-présidente chargée de l'agriculture et de l'alimentation, les services de l'État et la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports (DRIEAT) d'Île-de-France, la Chambre d'agriculture, les organismes intervenant dans le domaine de l'eau ainsi que les représentants de la filière méthanisation.
Les échanges ont notamment porté sur le cadre réglementaire applicable aux installations de méthanisation, le retour d'expérience relatif aux incidents recensés dans ce secteur d'activité ainsi que sur le bilan des contrôles réalisés en Seine-et-Marne.
Cette participation a permis à la Fédération de rappeler les enjeux liés à la protection des milieux aquatiques et la nécessité de renforcer les actions de prévention afin de réduire les risques d'accidents susceptibles d'affecter les cours d'eau du département.
En conclusion de cette rencontre, Mme Béatrice Rucheton a rappelé la volonté du Président Jean-François Parigi de poursuivre les échanges entre l'ensemble des acteurs concernés. Elle a également souligné l'importance d'une prise en compte renforcée des enjeux liés à la biodiversité et à la préservation des milieux aquatiques.
Chaque jour, des milliers de pêcheurs et de bénévoles consacrent du temps, de l'énergie et des moyens financiers à la surveillance, à la gestion et à la préservation des cours d'eau de Seine-et-Marne et sur le territoire francilien. Leur engagement mérite que tout soit mis en œuvre pour éviter que des pollutions ne compromettent les efforts entrepris depuis de nombreuses années en faveur des milieux aquatiques.
Parce que l'eau est un bien commun.
Parce que la meilleure réparation reste celle que l'on n'a jamais besoin de mettre en œuvre.
Parce qu'une rivière vivante ne se remplace pas.